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La classe de 1ère
Bac pro dans les jardins du musée de la Ville mars 2008
L'école des Soeurs de Saint-Joseph de Cluny à Nouméa
Place des cocotiers, angle rues Jean Jaurès et Sébastopol
photos Myriam Crocherie
Cour intérieure
Les grandes vérandas tout autour des
bâtiments
Les flamboyants dans la cour
Le projet est piloté par trois professeurs,
Cathy Laubreaux, professeur d'anglais, Sylvette Boyer, professeur de français, histoire géographie, à l'initiative du projet et Myriam Crocherie, le professeur de secrétariat.
Cathy est allée à la Maison Mère des Soeurs de St Joseph de Cluny à Paris pendant les grandes vacances scolaires de janvier-février et a rapporté une riche documentation.
Extrait du mail de Cathy de février
" Hello ! Un petit mail pour vous tenir au courant de mes rencontres avec les Soeurs de Cluny. Elles ont accueilli le projet avec joie. J'ai rencontré
Soeur Maria Huckert. Soeur Marie-Cécile, responsable des archives, a bien préparé le terrain. J'ai donc récupéré : une photocopie d'une lettre manuscrite d'une soeur infirmière qui est
basée en 1860 à "Port de France", un article de "L'Écho de la France Catholique" de mai 1889 qui décrit la prise de voile à l'église de la Conception d'Eugénie Talon. Deux bulletins originaux
mais non reliés datés de 1888 et 1890 qui racontent sous forme de chroniques la vie des soeurs à Nouméa, Bourail, Païta, la Conception et à l'Île des Pins, un petit fascicule "récent" de la
Maison Mère avec des photos et des légendes en plusieurs langues. J'ai pu prendre des photos aussi avec mon appareil numérique de clichés datant du début du 20ème siècle, la construction et
agrandissement du bâtiment des Soeurs, l'École libre etc... On voit bien les costumes, les Soeurs et la léproserie de Ducos. Bref, j'ai photographié tout ce qui pouvait nous intéresser !!! Les
lieux aussi, c'était très émouvant de
SE RETROUVER là, d'où tout a commencé : le musée avec des objets des Congrégations du monde entier, la chambre d'Anne-Marie Javouhey transformée en chapelle, la "Chapelle" de la Congrégation,
aussi grande que l'Église du Voeu !!! et qui est une réplique de la Sainte Chapelle !!! le gincko que la fondatrice a planté, ses objets personnels etc... Et surtout de retrouver Soeur Myriam
Chevalier qui est maintenant Secrétaire générale de la Congrégation. Elle m'a de suite reconnue, c'était ma prof de français en troisième !!! Je devrais recevoir les coordonnées d'un lycée à
Pondichéry et d'un collège en Irlande pour entamer une correspondance en anglais avec nos élèves. Voilà les filles... ces recherches étaient passionnantes..." Cathy
Ces documents et photos permettent à Sylvette de lancer le travail des élèves. Des groupes de deux élèves sont constitués. Chaque groupe se voit confier une pochette contenant les bulletins de la
Congrégation des Soeurs de St Joseph de Cluny de la fin du 19ème siècle, le document de présentation de la Maison Mère, la lettre de la Soeur et l'article du journal "L'Écho de la
France Catholique".
Les élèves doivent étudier les documents, repérer les thèmes énoncés (bagne, prières, soins, enseignement, éducation, vie quotidienne...) et remplir un tableau permettant de constituer plus tard
les panneaux de présentation lors des Journées du patrimoine ainsi que les "tableaux" ou saynètes.
La première sortie est organisée au musée de la Ville, place des Cocotiers, à deux pas du lycée. Les élèves partent à la découverte de la construction de la ville de Nouméa, par le repérage
sur la grande maquette des différentes installations religieuses et scolaires. Les élèves ont également visité les différents modules et les salles d'exposition.
Le musée de la Ville place des Cocotiers à Nouméa
Entrée du musée de la Ville côté jardin photos Myriam Crocherie
Reconstitution d'une salle de classe conduite par une soeur de Cluny au musée de la Ville
Moment très émouvant, la rencontre des élèves de la classe avec les Soeurs dans leur espace particulier au premier étage de l'école des Soeurs.
Les Soeurs ont sorti les albums photos, clichés précieux de tout un passé.
Les élèves ont montré aux Soeurs les photos prises à Paris par Cathy à la Maison Mère, les Soeurs les ont commentées avec bonheur, que d'anecdotes délicieuses !
Rencontre avec les Soeurs à la
Congrégation Photos Myriam Crocherie
Mur du bagne de l'Île Nou
Les élèves sont accompagnés par Alain Fort, guide du patrimoine et Stéphane Pannoux, professeur à l’Université de Nouvelle-Calédonie
Les
commentaires du guide sont enregistrés. Les élèves rédigent le compte rendu de la visite
Objectifs : comprendre et restituer le système de l’administration pénitentière en Nouvelle-Calédonie et le rôle des Sœurs de St Joseph de
Cluny
Chaleureusement accueillis par M. Fort, le groupe rentre dans la chapelle St-Thomas, ce qui ramène plus de 150 ans en arrière. Le guide explique pourquoi le gouvernement français avait choisi l’île pour y installer un bagne en 1863, en raison de son doux climat et de l’absence d’animaux dangereux. Transportés, déportés et relégués n’ont désormais plus de mystères pour les élèves, très touchés par les dures conditions d’existence de ces hommes dont la métropole voulait se débarrasser.
Puis, la visite se poursuit par l’entrée dans la boulangerie du bagne, construite en 1870 et depuis, transformée en musée par l’association « Témoignage d’un passé ». Les fours à pains et le pétrin monumentaux laissent les élèves dubitatifs devant les conditions de travail des boulangers de l’époque. Durant toute la visite, M. Fort rappelle le nombre de bagnards arrivés et évoque ceux qui ont fondé une famille encore présente en Nouvelle-Calédonie. Il parle aussi de l’ostracisme et de la mise à l’écart dont les « chapeaux de paille » ont longtemps souffert, ainsi que leurs descendants.
Le car conduit ensuite le groupe vers le CHS qui occupe en partie les anciens bâtiments du bagne. L’infirmerie du bagne est restée en l’état. Avant la visite, M. Fort se costume en prisonnier, au grand étonnement des jeunes. Il fait ensuite un long exposé sur la construction et l’architecture du bâtiment pour terminer sur les conditions de vie et les tâches des prisonniers et de leurs gardiens. Les élèves sont très impressionnés par l’étroitesse et l’équipement des cellules et aussi par les « toilettes » des gardiens à usage multiple : assis sur les lunettes, on pouvait bavarder en bonne compagnie ! L’outillage et les briques réunis par M. Fort évoquent le dur labeur de ces hommes condamnés à l’exil pour toujours. Il rappelle les lourdes responsabilités des Sœurs de Cluny, accompagnatrices puis gardiennes des bagnardes à Bourail ou à l’île des Pins. Sylvette Boyer
La Chapelle du bagne de Nouville, Alain Fort, guide du patrimoine, explique aux élèves l'histoire du bagne
La
Boulangerie du bagne
Photo parue dans l'hebdomadaire calédonien "les Nouvelles Calédoniennes" du 14 avril 2008
Bâtiment de résidents dans la végétation tropicale du site
Le musée du centre Raoul
Follereau
Nous progressons en "photo de groupe tous sourires"
Soeur Pierre-Chanel enseigne l'art de piquer les aiguilles
En début d’année, les élèves ont effectué des recherches sur les costumes de la fin du XIXème et début XXème siècle, sur internet, sur des livres de mode de cette époque et à partir des
albums des Sœurs mis à notre disposition.
Il s’est avéré impossible de retrouver l’ancien habit d’Anne Marie Javouhey. Les sœurs de Nouvelle-Calédonie et de Paris n’en possèdent plus, les habits usés ou appartenant aux sœurs décédés étaient retaillés pour d'autres utilisations. Pour confectionner les habits des religieuses, il a fallu travailler à partir de photos essentiellement en noir et blanc et surtout d’informations apportées par les Sœurs de Nouméa ainsi qu’une poupée costumée appartenant aux Sœurs. Un prototype a été réalisé, mais le bleu de la robe n’a pas reçu l’agrément des Sœurs, il a fallu refaire. Le deuxième prototype fut le BON ! La tenue devient élégante avec un bon port du voile, Sœur Pierre Chanel a enseigné aux élèves l’art de piquer les aiguilles aux bons endroits, quels moments délicieux d’apprentissage
Le beau livret de la Province Sud
L'affiche de la classe
L'école des Soeurs de Saint-Joseph de Cluny à
Nouméa
La visite guidée
(effectuée une fois dans chaque demi-journée, durée 1 h 30)
La visite guidée est composée de textes explicatifs dits par les guides (étudiantes de L3 : Armanda, Azaria, Malia, ), entrecoupés de saynètes jouées par les élèves de 1BP3.
La visite commence par une courte biographie de la vie d’Anne-Marie Javouhey, l’histoire et la fondation de la congrégation des Sœurs de St-Joseph de Cluny. Puis elle se poursuit par un texte explicatif sur « les Sœurs et le bagne », puis « les Sœurs et l’éducation », « les Sœurs et la vie religieuse », les Sœurs et l’orphelinat », et enfin, « les Sœurs et les soins ».
Chaque explication est suivie d’une saynète dont le thème est en relation avec ce qui vient d’être dit. Sylvette Boyer
Accueil : entrée par la rue J. Jaurès
Tableau de la Mère A.M. Javouhey ; saynète : Sr Othilde et Sr Anne arrivent à Nouméa
Texte introductif : ARMANDA
Préau 1 (rue J. Jaurès) : Espace « bagne »
Sœurs gardiennes des déportées IDP/Bourail + 1ères activités dans Nouméa (saynète +
espace « enseignement »)
Saynète : les deux bagnards
Espace « enseignement »
Table d’écolier + carte de géographie + tableau noir avec « leçon de morale » + « tableau : prière du jour + la maîtresse et la leçon de catéchisme»
Texte sur le Bagne : AZARIA
Saynète : inscription de la fille du gouverneur à l’école des sœurs
Lecture « lettres »
Texte sur l’éducation : MALIA
Saynète : Sr Martine et la dame du
Faubourg
Au premier étage : Espace « vie religieuse » + films
Texte sur l’orphelinat : CHERYL
Saynète mariée –chaperons (1)
Texte sur la vie religieuse : AZARIA
Saynète : Sœur Augustine Talon, Calédonienne, explique ses doutes
pour entrer dans les ordres
Lecture « lettres »
Préau 2 (rue de l’Alma) : Espace « sœurs hospitalières » + « Petits Violons » le
samedi
A l’hôpital du bagne saynète : le bagnard et le prêtre
Texte sur les soins : ARMANDA
A la léproserie de Ducos saynète 9 : lépreuses
Lecture « lettres »
Une étude historique a conduit les élèves à travailler sur plusieurs points qui ont ensuite donné lieu à collecte d’objets en vue de leur exposition au public dans des vitrines sécurisées, prêtées par le Musée de la Ville de Nouméa et par un collectionneur : M. Georges Viale. Certains de ces objets avaient une grande valeur historique, sentimentale mais aussi financière ! Chaque vitrine était présentée sur le pôle où se déroulaient la visite guidée et la saynète sur le même thème :
LES PANNEAUX
Deux façons d’aborder les albums prêtés par les Sœurs, contenant des centaines de photos, et les photos prêtés par les anciennes élèves et les anciens professeurs :
- utiliser les photos pour en faire une lecture dans le cadre des programmes d’histoire adaptée traversant la Nouvelle-Calédonie de 1860 à nos jours : la présence militaire, les soins, l’administration pénitentiaire, les bagnes de femmes, les orphelinats, l’école, les pèlerinages, la pastorale, la vie quotidienne, les fêtes et cérémonies, le costume, les relations femmes/hommes… donnant lieu à de courtes synthèses.
- constituer une collection de photos thématiques en vue de l’exposition.
Sylvette en pleine explication à la Boulangerie du bagne de NouvilleSylvette Boubin-Boyer, docteur en histoire est l’auteur d’une thèse soutenue en 2001 à l'Université de Nouvelle-Calédonie, «De la Première Guerre mondiale en Océanie - Les guerres de tous les Calédoniens» (publication Septentrion, 2003). Elle est professeur de lettres-histoire au lycée privé St Joseph de Cluny, et chargée de cours à l’université de Nouvelle-Calédonie. Elle fait partie des équipes de recherche d'IMOA, du GROHC, et du tout nouveau CNEP à l'Université de Nouvelle-Calédonie. Elle est membre actif de la Société d'Études Historiques de la Nouvelle-Calédonie (SEHNC) et du CRID 14-18 (historiens internationaux de la Grande Guerre). Après avoir été longtemps été membre, puis vice-présidente et responsable de la publication de l'Association des Professeurs d'Histoire géographie de Nouvelle-Calédonie (APHGNC), elle reste vice-présidente du Cercle du musée de la Ville de Nouméa et responsable de la cellule d’animation pédagogique, et assure le conseil scientifique des expositions du musée de la Ville de Nouméa.
Sylvette Boyer a participé activement à cinq colloques internationaux en Australie, Nouvelle-Zélande, France et Nouvelle-Calédonie. Elle a contribué, depuis 1992, à l'élaboration des programmes et de six manuels d'histoire adaptée à notre pays. Elle est coauteur d'une douzaine d'ouvrages historiques consacrés à l'Océanie française et la Nouvelle-Calédonie, à portée régionale et nationale et internationale. Elle a publié de nombreux articles dans des revues historiques à vocation locale et régionale : Mwa Véé, Annales d’histoire calédonienne, bulletin de la SEHNC, bulletin de l’APHGNC, bulletin de l’association des professeurs d’histoire géographie de Polynésie française…), nationale (Ultramarines) et internationale (Forts & Works en Nouvelle-Zélande).
Mme Boubin-Boyer a dirigé l’ouvrage collectif «Révoltes, conflits et guerres mondiales en Nouvelle-Calédonie et sa région», (2 tomes),
édité chez L’Harmattan, paru en février-mars 2008. Elle a par ailleurs donné de nombreuses conférences dans le cadre universitaire, pour la semaine de la francophonie à Vanuatu (2006) et en
Nouvelle-Calédonie dans le cadre des cycles de conférences du Cercle du musée de la Ville de Nouméa, du centre culturel Tjibaou, des FANC (forces armées de
Nouvelle-Calédonie).
Commandant de la réserve citoyenne de l’armée de terre, Sylvette Boubin-Boyer est sollicitée par les FANC et les associations d’anciens
combattants pour contribuer aux journées du patrimoine et, plus
particulièrement en 2008, aux commémorations du 90ème anniversaire de l’armistice de 1918.
http://www.rosada.net/hpays/hpgrandeguerre.htm
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